texte de D. Allais
 
 

Un volet claque au vent, puis deux, puis trois, puis tous.
La maison s'éveille, traversée du rire des enfants aux yeux encore emplis de rêves.
Une agréable odeur de café flotte sur la terrasse qui, doucement, se réchauffe au soleil.
L'air se charge du parfum opulent des pins gonflés de sève.
Autour des lavandes aux senteurs fraiches, les abeilles grisées de nectar vont et viennent, légères.
Bruissement de la vie dans le clair fouillis des feuilles et des fleurs.
Adossée à la maison, l'oliveraie antique luit, calme et argentée.
Midi égrène ses heures brulantes au clocher de l'église.
Le ciel d'étain fondu s'embrase et l'air résonne du vibrato lancinant des cigales qui bercera la douce méridienne dans la ruelle ombragée de la tonnelle en fleurs.
Plus loin que le jardin aux senteurs enivrantes de basilic, de thym, de romarin, la terre rouge et or se gorge de soleil.
Nous aurons de la bonne huile cette année...
Déjà sept heures à l'horloge du village !
Les martinets, infatigables, ont ouvert le bal.
Ils glissent au ras des toits dans le clair-obscur d'un crépuscule mauve.
L'ombre bleutée des hauts cyprès s'allonge.
Sereine, la maison a fermé ses volets...
Maison-refuge, nid douillet.
Dans la douceur du soir où tout s'apaise, on entend battre son coeur.
Seul le grillon fervent délimite la nuit.
La nuit frémissante d'étoiles est là.
Et le vent des collines s'en vient murmurant que demain aussi sera beau.

D. Allais


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lalidicast
23/07/08